Les années Taï Phong [ 1975 -->> 1979 ]

Les années Taï Phong  [ 1975 -->> 1979 ]
1975

Khanh Mai et Tai Sinh, 2 frères vietnamiens, ont de grands projets musicaux. Khanh est ingénieur du son, et Tai est employé de banque. En duo (appelé Mousson), ils ont déjà remporté un championnat musical d'Ile de France. Pourtant, en dépit de cette reconnaissance et des fréquentations de Khanh dans le milieu musical, les portes des maisons de disques restent désespérément closes.

Tai et Khanh décident de fonder un nouveau groupe qu'ils appellent Tai Phong ("grand vent" en vietnamien). Ils passent une petite annonce dans l'hebdomadaire musical le plus en vogue, Melody Maker. Les deux musiciens qui répondent à l'annonce partiront au bout de six mois, obnubilés par leurs envies de gloire.

Au cours d'une soirée chez des amis communs, Tai et Khanh rencontrent Jean-Jacques. Le courant passe immédiatement entre eux. Jean-Jacques, effacé mais tout aussi capable, musicalement parlant, que ses deux prédecesseurs dans le groupe, n'a pas de problème d'ego.

Jean-Alain Gardet, qui habite dans le même immeuble que Jean-Jacques, est en préparation HEC. Il a une formation jazz classique, et joue des claviers. Jean-Jacques le persuade de rejoindre le groupe.

Les répétitions ont lieu chez Khanh, et le groupe pose les bases d'un rock symphonique à la manière des Genesis de la même époque. Mais le batteur ne donne pas satisfaction, et est remercié.

Quelques jours plus tard, ils rencontrent Stephan Caussarieu, un batteur de jazz qui a tout juste dix-huit ans, qui vient de passer quatre ans dans la classe de Kenny Clarke.

Tout en conservant leur activité professionnelle (Jean-Jacques travaille dans le Sport 2000 que gère Robert à Montrouge), Tai Phong répète le soir et les week-ends, de manière très consciencieuse et très professionnelle.

Leur première maquette est acceptée par plusieurs maisons de disques. Le groupe n'en revient pas ! Cela leur permet de signer un contrat avantageux avec les plus conciliants, Warner. Le groupe est managé par Dominique Lamblin, produit par Jean Mareska, et la réalisation est assurée par Khanh et Andy Scott.

Le premier album sort en 1975, et s'appelle, sobrement, Tai Phong. Le premier extrait, Sister Jane, connait un véritable succès sur les ondes et dans les discothèques. L'album contient six titres (dont un, Goin' away, écrit et composé par Jean-Jacques). Un autre 45 T, qui contient des titres qui ne figurent pas sur l'album (If you're headed north for winter, écrit par Jean-Alain Gardet, et Let us play, écrit par Jean-Jacques Goldman), sort parallèlement.

Rock 'n Folk voit en Tai Phong "l'espoir du rock made in France". Ils doivent cependant essuyer des critiques parce qu'ils ne chantent pas en français. Eux rétorquent qu'ils sont européens, pas spécifiquement Français. Ils font un passage remarqué à la télévision.

Jean-Jacques fuit les fans qui demandent des autographes, et nie être le chanteur de Tai Phong devant les clients du Sport 2000 qui le reconnaissent.

1976

Sortie du deuxième album de Tai Phong, Windows. Bien que Games, un slow sirupeux, aurait pu connaître la même destinée que Sister Jane, Windows ne connaîtra pas le succès. Jean-Jacques n'a écrit qu'un seul titre pour cet album, When it's the season.

Sa découverte de Léo Ferré et de Georges Brassens quelques années auparavant fait penser à Jean-Jacques qu'il doit être possible de chanter en français, et de ne pas se contenter d'être un "chanteur à texte". Un 45 T en solo sort, qui contient deux titres : C'est pas grave papa et Tu m'as dit.

Des doutes commencent à percer au sein de Tai Phong. Jean-Alain Gardet réalise un album solo, sous le nom de Alpha Ralpha. Tai quitte le groupe.

1977

Un 45 T de Tai Phong sort : Follow me (écrit par Jean-Jacques) et Dance (Tai Sinh) tombent rapidement dans l'oubli, alors que Follow Me aurait dû connaître plus qu'un succès d'estime.

Jean-Jacques persiste dans sa tentative en solo avec un second 45 T : Les nuits de solitude (titre résolument disco) et Jour bizarre, qui n'aurait pas démérité dans Entre gris clair et gris foncé.

1978

Jean-Alain Gardet et Tai Sinh ont quitté le groupe. Une petite annonce est passée pour trouver deux remplaçants. Pascal Wuthrich et Michael Jones font leur entrée. Michael est censé remplacer Jean-Jacques, qui ne veut pas faire de tournée, et montre de plus en plus son désaccord vis à vis des chansons en anglais. Berger, Cabrel, et quelques mois plus tard, Balavoine, sont en train de révolutionner la chanson française.

Jean-Jacques sort un troisième 45 T en solo : Back to the city again et Laëtitia.

Il accepte de prêter son concours à un 45 T pour Tai Phong : Back again (écrit par Jean-Jacques) et Cherry (Khanh Mai). Cherry est le premier duo entre Jean-Jacques et Michael Jones...

1979

Une année de doute pour Jean-Jacques, marquée par une production aussi importante que variée.

Il accepte de revenir faire un tour pour le troisième et dernier album de Tai Phong, au titre révélateur : Last flight. Jean-Jacques signe deux titres empreints de nostalgie pour cette période : End of an end et Sad passion.

Un autre 45 T de Tai Phong avec des titres inédits (Fed up, de Jean-Jacques, et Shanghaï Casino, de Khan Mai) sort pour plonger aussitôt dans l'anonymat.

Un maxi 45 T réalisé par Khanh Mai sort sous le nom de Tai Phong, qui reste une pièce unique : en face A, on trouve différentes fréquences qui permettent le réglage des platines de l'époque. En face B, deux titres : Sono et Rise above the wind. Ce dernier titre, qui dure dix-neuf minutes, comprend des répétitions et l'accordage des différents instruments.

A cette époque, bien qu'il soit toujours employé du magasin de sport de Robert, et que Catherine soit sur le point d'achever ses études de psychologie, la venue au monde de Caroline deux ans plus tôt ne permet pas à Jean-Jacques d'assurer un train de vie décent à sa famille. Il enregistre donc un 45 T et un maxi 45 T de reprises de tubes des années 60, à la Rockcollection, qu'il intitule Slow me again, et qu'il signe sous le nom de Sweet Memories. Sur la face B du maxi 45 T, on peut trouver la version anglaise de Les nuits de solitude, Just a dream, proposé à Tai Phong et refusé par Khanh Mai.

Tai Phong se dissout. "Le groupe s'est arrêté parce que les groupes, ça meurt", déclare Jean-Jacques quelques années plus tard.

SITE officiel du Groupe Taï Phong: Clic ici

# Posté le mardi 05 juillet 2005 08:54

Modifié le lundi 10 août 2009 05:26

Les années solo 1

Les années solo 1
1980

Les quelques biographies qui existent sur Jean-Jacques Goldman ne donnent aucune information sur son activité discographique cette année-là.
Jean-Jacques a décidé d'écrire des chansons pour les autres. Il signe un dernier 45 T, sous le pseudonyme de First Prayer, avec ses deux derniers titres écrits en anglais : High Fly et Tell Me Why. Ce disque n'est pas distribué par Warner, mais par un indépendant, René Barret. D'ailleurs, trois autres de ces titres sont pris par ce distributeur : Mauvaise Tête (interprété par Janic Prévost), Gros câlin blues et Fais-moi des sourires, interprétés par Anne-Marie Batailler. Fais-moi des sourires est une nouvelle version de Tu m'as dit. Le 45 T, bien que pressé, ne sortira pas. Cependant, un dernier titre, dont il compose la musique, est distribué par Warner : Nous on y va, inteprété par Jocko (alias Elli Medeiros, qui a signé le texte).

Jean-Jacques vient d'écrire plus d'une vingtaine de chansons en français, et présente des maquettes aux maisons de disques.

Anne-Marie Batailler interprète un titre de Jean-Jacques lors d'un concours télévisé. Marc Lumbroso, jeune éditeur à la quête de nouveaux talents, décèle le potentiel de l'auteur-compositeur de ce titre, et appelle Jean-Jacques. Il lui demande de réaliser de nouvelles maquettes. Marc Lumbroso présente la maquette de Il suffira d'un signe à EPIC, le label des nouveaux talents de CBS. EPIC, enthousiaste, fait signer un contrat pour cinq albums à Jean-Jacques.

# Posté le mardi 05 juillet 2005 09:06

Modifié le lundi 10 août 2009 05:27

Les années solo 2

Les années solo 2
1981

Jean-Jacques se décide sur onze titres, et veut appeler son album Démodé. Le service communication de CBS ne l'entend pas de cette oreille, et devant l'absence de compromis d'une part comme de l'autre, l'album sort sans titre. Bien que Il suffira d'un signe dure près de six minutes, il enthousiasme plusieurs radios, notamment la directrice des programmes de RTL, Monique Le Marcis. Le titre se vendra à 500 000 exemplaires.

Lorsque l'on réécoute ce premier album, on peut se rendre compte du chemin parcouru : après quinze ans de chansons interprétées en anglais, la tessiture de voix de Jean-Jacques (hyper-aiguë) a du mal à s'accorder avec le français. Tous les titres de cet album, lorsqu'ils seront repris en concert, seront interprétés deux tons plus bas.

Un second titre, Quelque chose de bizarre, ne remporte pas le succès escompté. Ce sera le dernier échec de Jean-Jacques.

# Posté le mardi 05 juillet 2005 09:08

Modifié le dimanche 04 mai 2008 09:30

Les années solo 3

Les années solo 3
1982

Devant le succès du premier album, EPIC presse Jean-Jacques pour la sortie d'un deuxième album. Jean-Jacques veut l'appeler Minoritaire. Encore une fois, de longs palabres ont lieu entre Jean-Jacques et EPIC. Finalement, ce second album ne portera pas de titre non plus. Une guest star de choc est présente sur Minoritaire : Nono Krief, le guitariste de Trust, qui donne une dimension très rock à ce titre.

Le premier extrait, Quand la musique est bonne, connaît un succès phénoménal. L'album se vendra en quelques mois à plus de 200 000 exemplaires.

Il écrit un titre sous le pseudonyme de Sweet Memories pour une jeune chanteuse, Jane Surrey : Tout tout doucement restera anonyme.

Jean-Jacques prend de l'assurance et se dit que finalement, il peut peut-être devenir chanteur à plein-temps. Il reçoit son dernier bulletin de paie de Sport 2000 en décembre 1982.

# Posté le mardi 05 juillet 2005 09:11

Modifié le dimanche 04 mai 2008 09:34

Les années solo 4

Les années solo 4
1983

Le deuxième extrait de l'album, Comme toi, est propulsé en tête des hit parades. Jean-Jacques reçoit le Diamant d'Or de la Chanson Française. Le troisième extrait, Au bout de mes rêves, le confirme comme une nouvelle valeur sûre de la chanson française.

Jean-Jacques vainc ses réticences et part en tournée en novembre. Cette tournée s'achèvera en mai 1984.

Jean-Jacques fait la rencontre d'une jeune artiste prometteuse, Danielle Messia. Jean-Jacques compose pour elle une musique sur l'un des textes de Danielle, Le temps des enfants. Ce titre figurera sur Carnaval, un album sorti en 1995, après la mort subite de Danielle Messia d'un cancer foudroyant.

EPIC le persuade d'adapter ses titres en anglais, afin d'exporter le succès de Jean-Jacques en Europe : Jean-Jacques réécrit deux versions en anglais de Il suffira d'un signe. La première, Hold On Tight, sort en Angleterre, interprétée par une jeune inconnue, Linda Singer. La seconde, Just A Little Sign, sort en Allemagne, et est interprétée par Jean-Jacques. En face B se trouve I Won't Talk About Her, la version anglaise de Je ne vous parlerai pas d'elle. La version espagnole de Comme toi, Como tu, réécrite par un auteur espagnol, sort en Espagne. Aucun de ces titres ne connaît le succès.

Jean-Jacques n'abandonne pas sa carrière d'auteur-compositeur pour autant, et signe, toujours sous le pseudonyme de Sweet Memories, J'essaierai d'oublier, pour Emilie Bonnet. Ce titre ne vous évoque probablement rien, mais si je vous dis que onze ans plus tard, ce titre est ressorti avec la même musique et les mêmes arrangements, avec de nouvelles paroles signées par Sam Brewski, interprété par Florent Pagny, les perspicaces auront sans doute reconnu Si tu veux m'essayer.

# Posté le mardi 05 juillet 2005 09:12

Modifié le dimanche 04 mai 2008 09:38